2021.06.10

Charbon actif : origine, définition, bienfaits et dangers

Le charbon actif est un matériau riche en carbone, issu du bois, de la houille ou de coques végétales, permettant de capter certaines molécules dans l’air ou l’eau.

activated carbon charcoal coconut.
Présent dans les filtres à air, le traitement de l’eau ou certains procédés industriels, le charbon actif intrigue autant qu’il est utilisé. Ce matériau poreux capte une partie des molécules présentes dans l’air ou dans l’eau grâce à un phénomène d’adsorption particulièrement efficace. Pour autant, il ne constitue ni une solution universelle ni un média capable d’éliminer tous les polluants. Son efficacité dépend du type de contaminant, du temps de contact, du dimensionnement du système et de l’entretien du média filtrant.

Ce qu’il faut retenir

  • Le charbon actif est un matériau extrêmement poreux qui fonctionne par adsorption pour capter certaines molécules présentes dans l’air et l’eau, notamment les odeurs, COV et micropolluants.
  • Grâce à sa très grande surface de filtration et à ses différentes formes (grains, poudre, extrudé), le charbon actif est utilisé dans de nombreux secteurs industriels, le traitement de l’eau et certains usages du quotidien.
  • L’efficacité du charbon actif dépend fortement du bon choix du média, de son dimensionnement et de son entretien, car un filtre saturé perd ses performances et peut présenter certains risques.

Qu’est-ce que le charbon actif ?

Le charbon actif est un charbon, généralement issu du bois, de la houille ou de coques végétales, qui a été traité au dioxyde de carbone ou à la vapeur surchauffée à très haute température. Il est rendu extrêmement poreux pour capter certaines molécules dans l’air ou l’eau. Cela crée une matrice de minuscules pores dans le charbon qui augmente sa surface et crée davantage d'endroits où les molécules peuvent être piégées. C'est ce qui fait du charbon un média filtrant efficace. Les filtres à charbon actif subissent aussi souvent un traitement chimique pour renforcer leur capacité à piéger des polluants spécifiques.

Le charbon actif se présente sous 3 formes : en grains, extrudé, en poudre.

La structure du charbon actif comprend des millions de pores microscopiques où les gaz pénètrent et se condensent en liquide à la surface du charbon. 500 g de charbon a une surface de plus de 557 418 m2 , ce qui permet au charbon de maintenir son efficacité de piégeage des gaz pendant une longue période, jusqu'à quatre ans dans certaines applications CVC (Chauffage - Ventilation - Climatisation).

Charbon actif, charbon activé, charbon végétal : quelles différences ?

Les expressions “charbon actif” et “charbon activé” désignent le même matériau. Il s’agit d’une matière carbonée traitée pour développer une porosité très élevée.

Le terme “charbon végétal” reste plus large. Il peut désigner un charbon issu de végétaux, pas forcément activé ni adapté à la filtration au charbon actif.

Dans les systèmes industriels, le charbon actif agit par adsorption, en fixant des molécules à la surface de ses pores. Il existe sous différentes formes, notamment en poudre ou en charbon actif en granulé, utilisé dans certains dispositifs de filtration moléculaire.

Pourquoi parle-t-on d’adsorption et non d’absorption ?

La confusion reste fréquente. Pourtant, adsorption et absorption décrivent deux phénomènes différents.

  • L’absorption implique qu’une substance pénètre dans un matériau, comme l’eau dans une éponge
  • L’adsorption fonctionne autrement : les molécules se fixent à la surface d’un solide

Avec le charbon actif, les polluants adhèrent aux parois internes de millions de micropores. Cette capacité explique l’usage du charbon actif pour l’air dans les systèmes de filtration ciblant certaines odeurs, gaz et molécules volatiles. Le même principe s’applique au charbon actif pour l’eau, où les micropores retiennent une partie des composés responsables du goût, de l’odeur ou de certaines micro pollutions.

Quelle est l'histoire du charbon actif ?

Il semble probable que la première utilisation du charbon actif ait été faite par l'homme préhistorique dans un but tout à fait différent - éliminer les impuretés dans le métal fondu afin de fabriquer du bronze. Tout comme l'homme de l'âge du bronze, les anciens égyptiens avaient également découvert un aspect du charbon qui n'a rien à voir avec la filtration de l'air - cette fois comme conservateur.    

Mais les égyptiens ont découvert que le charbon pouvait être utilisé comme autre chose qu'un conservateur. La première utilisation enregistrée du charbon à des fins médicinales provient de papyrus égyptiens datant d'environ 1500 avant J.-C. Vers 400 avant J.-C., les anciens Hindous et Phéniciens ont découvert les propriétés curatives du charbon actif et ont commencé à l'utiliser pour purifier l'eau. Beaucoup plus récemment, dans les années 1700, le charbon est mentionné comme un matériau utile pour contrôler les odeurs des ulcères gangrenés et il était également prescrit pour les problèmes gastriques.

Au milieu des années 1800, le charbon était devenu omniprésent dans le traitement de nombreuses affections médicales. En 1857, un chirurgien de l'armée appelé James Bird notait : "Le charbon mélangé à de la chapelure ou à de la levure est depuis longtemps le matériau préféré des chirurgiens de l'armée et de la marine pour former des cataplasmes.

Le cataplasme de charbon a également acquis une grande réputation dans la pratique hospitalière en tant qu'application sur les ulcères et les plaies gangreneuses. Récemment, cette substance a apporté un immense soulagement dans de nombreux cas de cancer ouvert en apaisant la douleur, en corrigeant les odeurs associées à la maladie et en facilitant la séparation de la structure morbide des parties environnantes.

Au cours de la Première Guerre mondiale, les masques à gaz utilisaient du charbon pour filtrer certains des gaz mortels utilisés contre les troupes, mais la production et l'utilisation du charbon actif n'ont pris de l'ampleur qu'après la Seconde Guerre mondiale, ce qui a conduit au développement des filtres modernes, à air et à eau, à charbon actif. À la fin du XXe siècle, le charbon actif était utilisé dans diverses applications dans tous les environnements de soins de santé modernes, notamment pour les pansements, dans les unités de dialyse rénale, pour traiter les surdoses de médicaments et pour soigner l'anémie chez les patients atteints de cancer.

Comment est fabriqué le charbon actif ?

La fabrication du charbon actif commence par le choix d’un matériau riche en carbone. Cette base détermine déjà une partie des performances du futur média filtrant.
Les matières premières utilisées

Le charbon actif peut être également produit à partir de :

  • Bois
  • Houille
  • Lignite
  • Tourbe
  • Coques de noix de coco

Chaque origine donne un profil poreux différent.

Les coques de coco favorisent souvent des micropores utiles pour certains composés gazeux, tandis que le bois ou la houille répondent à d’autres besoins industriels. Le choix du média dépend donc des molécules à capter, du débit traité et du contexte d’usage, notamment pour le charbon actif contre les COV (composés organiques volatils) ou le charbon actif PFAS (polluants éternels).

2 étapes : Carbonisation puis activation

La matière première est d’abord chauffée à très haute température, avec très peu d’oxygène. Cette carbonisation retire l’humidité et les composés volatils pour obtenir une base riche en carbone.

Vient ensuite l’activation.

Par vapeur d’eau, gaz ou agents chimiques, elle ouvre de minuscules pores dans la matière. Plus ces pores sont nombreux, plus la filtration au charbon actif peut retenir de molécules. C’est ce qui explique sa surface spécifique très élevée : souvent 800 à 1400 m²/g et jusqu’à 1500 m²/g selon le procédé.

À quoi sert le charbon actif ?

Le charbon actif intervient aujourd’hui dans de nombreux systèmes de traitement de l’air et de l’eau. Ses usages dépassent largement les simples filtres moléculaires domestiques.

Dans le traitement de l’air industriel

Les charbons actifs sont particulièrement utilisés dans les filtres moléculaires (parfois appelés filtres chimiques ou filtres pour la phase gazeuse). Dans l’industrie, le charbon actif pour l’air compte parmi les adsorbants les plus utilisés pour retirer des polluants gazeux des flux d’air. Il cible surtout les COV, mais aussi certains composés soufrés, odeurs, gaz irritants ou corrosifs. On le retrouve dans :

  • Les stations d’épuration
  • La chimie
  • La pâte et papier
  • L’impression
  • Les cabines de peinture
  • Les procédés avec solvants…

Contre les COV, le charbon actif peut aussi servir de polissage final après une première étape de traitement. Dans de bonnes conditions, certains systèmes atteignent 95 à 99 % de rendement sur des composés organiques volatils. Cette efficacité dépend pourtant du média, du temps de contact et de la saturation du lit filtrant.

Une fois saturé, le charbon actif doit être remplacé ou régénéré afin d’éviter toute percée de pollution et de maintenir la maîtrise de la contamination moléculaire, notamment dans les environnements sensibles.

En savoir plus : La filtration au charbon aide la station d'épuration de middelfart au danemark à réduire les nuisances olfactives

Dans le traitement de l’eau potable et des eaux de process

Dans l’eau, le charbon actif ne se limite pas aux carafes filtrantes. Les installations de traitement utilisent surtout deux formats : le charbon actif en poudre, ajouté ponctuellement au flux et le charbon actif en grains (GAC), placé en lit filtrant pour traiter l’eau en continu. Cette filtration au charbon actif vise d’abord les goûts, les odeurs, la matière organique naturelle et les précurseurs de sous-produits de désinfection. Elle peut aussi réduire certains COV et une partie des micropolluants organiques. Avec un média adapté, le GAC peut atteindre jusqu’à 99,9 % d’abattement :

  • Cabines de peinture
  • Stations d’épuration
  • Industries émettrices de COV
  • Traitement d’odeurs
  • Élimination du goût et de l’odeur dans l’eau
  • Réduction de certains micropolluants

Reste une nuance majeure : le charbon actif fonctionne mieux sur les PFAS (substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées - polluants éternels) à chaîne longue que sur les chaînes courtes. D’après un rapport de l’ANSES (Novembre 2024), certains pesticides polaires, composés alkyl-perfluorés, alcools, acides, aldéhydes ou cétones légères restent plus difficiles à adsorber.

Autres usages

Le charbon actif est également utilisé à d’autres fins comme : 

  • Traiter les troubles digestifs (aigreurs, flatulences, aérophagies, diarrhées)
  • Blanchir les dents
  • Déshumidifier une pièce
  • Prolonger la conservation des fruits et légumes
  • Nettoyer les aliments
  • Décaféiner le café
  • Réduire les ondes électromagnétiques
  • Adsorber les toxines et impuretés de la peau
  • Détachage et décoloration (vins blancs, sucre, édulcorants)

Bienfaits, limites et dangers du charbon actif

Les bienfaits du charbon actif doivent être compris comme des bénéfices techniques mesurables et non comme des promesses universelles.

Les bénéfices réels du charbon actif

Ici, les bienfaits du charbon actif désignent des bénéfices d’usage mesurables. Correctement choisi et dimensionné, il réduit certaines odeurs, capte une partie des molécules organiques et améliore un air ou une eau de process. Il protège également certains équipements contre des contaminants gazeux et contribue à la maîtrise de la contamination moléculaire dans les solutions de traitement de l’air.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire

Le charbon actif ne “purifie” pas tout et ne filtre pas tous les gaz. Selon l’OMS, les performances du charbon actif dépendent fortement du contaminant ciblé, du temps de contact, des caractéristiques du média filtrant et des conditions d’exploitation.

Par ailleurs, un filtre gaz devient réellement utile s’il est bien dimensionné, entretenu et remplacé régulièrement. Il faut donc écarter les promesses de solution naturelle sans risque ou de purification totale.

Les précautions et risques à connaître

Les dangers du charbon actif relèvent d’abord de son usage technique.

Un média saturé perd son efficacité et peut laisser passer les polluants. Une maintenance régulière reste donc indispensable. Dans certains procédés industriels, des réactions exothermiques peuvent aussi provoquer un échauffement, voire un incendie.

En traitement de l’eau, un filtre mal entretenu peut favoriser une contamination bactérienne.
Côté santé, les usages thérapeutiques restent encadrés, avec des effets indésirables documentés : vomissements, aspiration ou occlusion intestinale.

Charbon actif : des bienfaits réels, mais un usage à maîtriser

Le charbon actif répond à un besoin précis : capter certaines molécules dans l’air ou dans l’eau, sans prétendre tout filtrer.

Son intérêt repose sur sa porosité, son pouvoir d’adsorption et son adaptation au contaminant ciblé. Odeurs, COV, micropolluants, gaz ou goût de l’eau : ses performances deviennent fiables lorsque le média est bien choisi, correctement dimensionné et régulièrement entretenu.

Grâce à nos médias au charbon actif, filtres moléculaires et solutions adaptées aux environnements exigeants, nous aidons les industriels à maîtriser les contaminants gazeux, sécuriser leurs procédés et préserver la performance de leurs installations.

FAQ sur le charbon actif

Le charbon actif filtre-t-il tous les polluants ?
Non. Le charbon actif cible principalement certains composés organiques, odeurs et gaz. Son efficacité varie selon les molécules concernées.
Quelle différence entre filtre HEPA et charbon actif ?
Un filtre HEPA retient principalement les particules solides fines. Le charbon actif, lui, agit surtout sur les molécules gazeuses et certains composés chimiques.
Quand faut-il remplacer ou régénérer le charbon actif ?
Le remplacement dépend du niveau de saturation du média, du débit traité et de la concentration des polluants. Une maintenance régulière reste indispensable pour conserver l’efficacité du système.

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