Le terme ATEX provient de l’expression ATmosphères EXplosibles. Il désigne l’ensemble des dispositions européennes encadrant les situations où un mélange inflammable peut se former dans l’air.
Selon l’INRS, cette réglementation repose sur deux textes majeurs :
Elle vise à prévenir les explosions en milieu professionnel en imposant une analyse des risques, un zonage adapté et l’utilisation de matériels conformes aux exigences européennes.
Une explosion nécessite la combinaison simultanée de trois éléments :
Ce principe est appelé triangle de l’explosion.
Le combustible peut être constitué de gaz, de vapeurs ou de poussières. Le comburant correspond généralement à l’oxygène présent dans l’air. Quant à la source d’inflammation, elle peut provenir d’une étincelle électrique, d’un échauffement mécanique ou d’une décharge électrostatique. Lorsque ces éléments sont réunis dans des proportions adaptées, une réaction de combustion rapide se produit.
Dans le cas des poussières, une atmosphère explosive se forme lorsque des particules fines sont mises en suspension dans l’air et atteignent une concentration comprise dans le domaine explosif.
Plusieurs situations peuvent générer ce type d’atmosphère, il peut s’agir :
Les poussières fines représentent un facteur majeur de formation d’atmosphère explosive en milieu industriel.
Une poussière combustible est une matière solide constituée de particules fines qui, en suspension dans l’air, peut former un mélange explosif. De nombreuses poussières industrielles sont concernées, comme la farine, les poussières de bois ou les poussières métalliques.
En réalité, presque toute poussière organique ou métallique dont la granulométrie est inférieure à 500 µm présente un potentiel explosif. Cela inclut également :
Ces situations peuvent conduire à la formation d’une atmosphère explosive comparable à celles générées par des gaz, des vapeurs ou des brouillards inflammables.
Une explosion survient lorsque la concentration de particules atteint une concentration minimale d’explosivité située dans le domaine explosif entre la LIE et la LSE. Une granulométrie fine, une mise en suspension par agitation et la présence d’oxygène favorisent ainsi la réaction.
Même des poussières issues de matières courantes comme les céréales, l’amidon ou le bois peuvent former une ATEX en suspension :
Ce dernier facteur accroît la violence de la déflagration, d’où l’installation d’évents d’explosion sur les silos ou dépoussiéreurs ATEX.
En France, on compte environ 1 explosion industrielle par jour (INRS).
Les secteurs les plus exposés restent l’agroalimentaire, l’industrie du bois, la chimie, la pharmacie et la métallurgie. Concrètement, un silo de farine, une fabrication électronique de poudre ou un transport pneumatique peuvent suffire à créer une situation à risque.
Pour autant, l’ATEX ne vise pas les explosifs intentionnels mais des phénomènes accidentels liés aux procédés.
Entre 2011 et 2021, l’industrie céréalière française a recensé 535 incidents de poussières agroalimentaires d’Atex, dont 9 explosions et 16 incendies avec victimes (source : Etude de cas, transformation des produits céréaliers dans les meuneries). Enfin, une explosion de poussières peut se propager en chaîne, comme à Blaye en 1997 (11 morts) et se révèle généralement bien plus destructrice qu’un incendie.
En droit français, la prévention des explosions est encadrée par les articles R.4227-42 à R.4227-54, qui imposent notamment :
Le matériel relève du Code de l’environnement (R.557-1 à R.557-7) avec procédures d’évaluation, déclaration UE de conformité et marquage réglementaire.
L’employeur doit évaluer le risque d’explosion et rédiger un document relatif à la protection contre les explosions (DRPCE) annexé au document unique. Cette démarche repose sur 3 priorités :
La formation du personnel constitue également une obligation. Il est à noter que toute opération générant un risque d’ignition nécessite un permis ou une autorisation formelle.
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Atmosphère explosive |
Zone Gaz et Vapeurs | Zone Poussières combustibles |
| Présence permanente ou fréquente d’un mélange explosif | 0 | 20 |
| Présence occasionnelle en fonctionnement normal | 1 | 21 |
| Présence rare ou de courte durée | 2 | 22 |
Le classement des zones poussières repose sur l’identification des points d’émission, tels que les machines de broyage, les points de chargement ou de vidange de pulvérulents, puis sur l’analyse de la fréquence, de la durée et de la dispersion du nuage.
Les dépôts et couches de poussières doivent également être considérés comme une source de risque lorsqu’ils peuvent être remis en suspension.
Chaque équipement utilisé en zone ATEX doit être certifié selon la catégorie adaptée. Le marquage “Ex” indique la conformité et précise le groupe, la catégorie et le mode de protection :
La performance d’une filtration ATEX repose sur des contrôles réguliers : vérification et remplacement périodique des filtres, inspection des circuits d’aspiration et contrôle de l’étanchéité des dépoussiéreurs.
En complément, une surveillance en continu par capteurs de poussière et systèmes de monitoring, tels que GoldLink Connect, permet d’identifier toute concentration anormale ou défaillance.
Sans oublier d’effectuer une mise à jour du zonage et l’archivage des contrôles et incidents, notamment via les fiches ARIA ministérielles, garantissent la traçabilité exigée par la réglementation ATEX.
Les dépoussiéreurs industriels ATEX constituent la solution privilégiée pour capter les poussières combustibles à la source.
Légende image : Dépoussiéreur QuadPulse PX de Camfil conçu pour contenir l’explosion