Qualité de l’air intérieur (QAI) : polluants, mesure et prévention

Entre polluants invisibles et enjeux de santé, la qualité de l'air intérieur est un sujet primordial. Cet article explore les sources de contamination, les méthodes de mesure et offre des conseils pratiques pour préserver un environnement intérieur sain. Découvrez comment prendre les rênes de votre atmosphère domestique ou professionnelle pour une vie plus saine et équilibrée.

Qu’est-ce que la qualité de l’air intérieur (QAI) ?

La qualité de l'air intérieur fait référence à la teneur en aérosol et en gaz, à la température et à l'humidité de l'air intérieur d'une structure. Dans le cas d’une habitation humaine, la qualité de l'air est déterminée par sa capacité à préserver la santé et le bien-être de ses occupants. Dans le cas des process, la qualité de l'air est déterminée par la capacité à produire de manière rentable des produits de haute qualité à l'intérieur de la structure.
Le point le plus important de la qualité d'air intérieur est la propreté de l'air. La contamination de l'air se compose de particules, de gaz et de vapeurs susceptibles de nuire au bien-être et à la santé des personnes et d’affecter le rendement ainsi que l'efficacité des process de production.

Quels sont les différents types d’air ?

Air extrait

Aspiré depuis l'intérieur vers l'extérieur, cet air transporte des polluants accumulés dans les espaces clos. Pour préserver une qualité d'air intérieur optimale, il est essentiel de gérer efficacement son évacuation. Garantissant l'élimination des contaminants et contribuant à maintenir un environnement intérieur sain.

Air neuf

L'air neuf de l'extérieur, en remplaçant l'air intérieur pollué, dilue les contaminants et renouvelle l'oxygène, vital pour un environnement sain. Cette introduction d'air pur abaisse la pollution et revitalise l'espace, jouant un rôle majeur dans l'amélioration constante de la qualité de l'air respiré quotidiennement.

Air primaire

L'air primaire, essentiel aux systèmes de climatisation, subit un traitement pour maîtriser la température et l'humidité en intérieur. Ce processus crée un cadre de vie confortable, ajustant l'air pour répondre aux exigences humaines. Il assure un climat intérieur idéal, crucial pour notre confort et santé quotidiens.

Air secondaire

L'air secondaire, non traité, circule dans les systèmes de ventilation, jouant un rôle crucial dans le confort thermique intérieur. Sa distribution équilibrée régule la température des espaces, assurant une atmosphère agréable. Ce processus naturel contribue significativement au bien-être des occupants, en maintenant un climat intérieur optimal sans traitement additionnel.

Air recyclé

Réutiliser l'air recyclé dans la ventilation réduit la consommation énergétique et exige une filtration précise contre les polluants. Cette approche écologique optimise la qualité de l'air avec des filtres avancés, éliminant les contaminants pour un intérieur sain. Cela diminue également l'impact environnemental et les dépenses en énergie, favorisant un cadre de vie durable et économique.

Air propre

L'air, une fois filtré et purifié, écarte les contaminants, favorisant ainsi la santé de l'environnement intérieur. Ce processus diminue les risques sanitaires, rendant les espaces de vie et de travail plus sains. La purification de l'air est clé pour un habitat salubre, protégeant les occupants contre les polluants nuisibles.

NOTRE MODE DE VIE AUGMENTE NOTRE EXPOSITION À LA POLLUTION DE L’AIR

Quels sont les principaux polluants de l’air intérieur ?

Notre mode de vie augmente notre exposition à la pollution de l’air. La pollution de l’air extérieur s’infiltre dans les bâtiments. Sans ventilation appropriée, elle s'accumule et peut même interagir avec d'autres polluants de l'air intérieur.

La pollution de l'air intérieur est composée de polluants de l'air extérieur, notamment des particules et gaz de chauffage et de véhicules qui s'infiltrent dans nos bâtiments, ainsi que des émissions de produits chimiques provenant de matériaux de construction, de produits de bricolage, de produits de nettoyage, de désodorisants d'intérieur, de particules de combustion provenant de la cuisson et des bougies, des allergènes d’animaux domestiques, d’appareils électroniques et électroménagers.

Nous passons près de 90 % de nos vies à l'intérieur. Cependant, l'air intérieur peut être jusqu'à 50 fois plus pollué que l’air extérieur (1). Une grande partie de la population vit et travaille dans des zones où les taux de particules dépassent les recommandations de l'OMS : Barcelone (27μg/m3/an), Vienne (21,6), Bruxelles (19), Paris (16,4), Londres (13,1), Stockholm (9,4).

Monoxyde de carbone

Le monoxyde de carbone est un gaz, ni vu ni senti, émergeant de combustions partielles. Toxique, il est issu de sources comme les appareils de chauffage mal entretenus, représentant un danger mortel sans signes évidents, nécessitant vigilance et prévention.

Produits chimiques

Peintures, colles et nettoyants libèrent des Composés Organiques Volatils (COV) et d'autres toxines, nuisant à l'air ambiant. Ces produits courants contribuent à la pollution intérieure, altérant significativement la qualité de l'air respiré.

Tabac

La fumée de cigarette, riche en toxines, représente une importante source de pollution de l'air intérieur, dangereuse tant pour les fumeurs que pour ceux qui les entourent, affectant la santé de tous.

Radon

Le radon est un gaz radioactif issu du sol provenant de la chaîne de désintégration de l'uranium et du thorium. Il s'infiltre dans les structures, élevant le risque de développer un cancer du poumon chez les occupants, soulignant l'importance de surveiller et de réduire sa présence en intérieur.

Amiante

L'amiante, jadis courant en construction, devient un danger sérieux pour la santé quand il est dérangé, libérant des fibres nocives qui peuvent causer de graves maladies respiratoires, dont le cancer.

Allergènes / Acariens

Les allergènes et acariens, présents dans la poussière domestique, peuvent induire des réactions allergiques et déclencher des crises d'asthme chez les individus sensibles, menaçant la santé respiratoire.

Humidité / Moisissures

Un taux d'humidité élevé crée un environnement propice au développement de moisissures, posant un risque sérieux pour la santé respiratoire des occupants en déclenchant allergies et asthme.

COV

Les Composés Organiques Volatils se trouvent dans plusieurs articles domestiques et détériorent l'air intérieur, compromettant la santé, surtout dans les lieux fermés.

Particules fines

Provenant de combustions et activités industrielles, ces particules fines (PM1, PM2.5, PM10) atteignent les zones profondes des poumons, posant de sérieux risques pour la santé respiratoire.

Article à lire : Effet des objets du quotidien sur la qualité de l’air intérieur (QAI)

Quels sont les principaux enjeux sanitaires ?

La mauvaise qualité de l'air intérieur est associée à de multiples problèmes de santé, allant de l'irritation des yeux, du nez et de la gorge, aux maladies respiratoires chroniques comme l'asthme, voire au cancer. Les enfants, les personnes âgées, et ceux souffrant de maladies préexistantes sont particulièrement vulnérables. Certains polluants intérieurs peuvent également provoquer des problèmes cutanés, tels que des irritations et des éruptions cutanées.
Une mauvaise qualité de l'air intérieur peut également avoir des effets sur la santé mentale, contribuant à la fatigue, au stress et à d'autres problèmes psychologiques.
Les allergènes présents dans l'air intérieur, tels que les acariens, les moisissures et les poils d'animaux, peuvent déclencher ou aggraver les symptômes chez les personnes allergiques.

Article à lire : qualité de l’air dans les installations de production

Quels sont les principaux enjeux économiques ?

La qualité de l'air au sein d'un environnement de travail a un impact significatif sur la productivité des employés. Des recherches de l'Université Harvard ont mis en évidence une corrélation entre une bonne qualité de l'air et une augmentation de la productivité. Des espaces de travail bien ventilés et dotés de systèmes de filtration adéquats permettent de réduire la présence de contaminants, favorisant ainsi le bien-être des employés et stimulant leur efficacité. 

Article à lire : Comment améliorer la qualité d'air intérieur et la productivité ?

Comment améliorer la QAI en maison ou au travail ?

En adoptant certaines pratiques, vous pouvez contribuer à améliorer significativement la qualité de l'air à l'intérieur de votre maison ou de votre lieu de travail (hôtels, bureaux, salles de sports, sites de production industriels, centres logistiques). Voici quelques conseils utiles :

  • Installer des purificateurs d’air HEPA : Les purificateurs d'air Hepa de Camfil capturent efficacement particules et polluants, améliorant la QAI dans les bureaux.
  • Choisir des filtres à air efficaces à la fois particulaires et moléculaires pour éliminer les particules telles que les allergènes, les PM1 les plus dangereuse mais les polluants gazeux et les odeurs.
  • Aérer la pièce : Aérez chaque jour pendant 10 minutes. Faites-le aussi pendant et après le bricolage, le nettoyage, et la cuisine. Aérez après le bain, lors du séchage du linge, et à l'installation de meubles neufs. Cela réduit les polluants intérieurs.
  • Opter pour une bonne ventilation mécanique : Les systèmes de ventilation modernes, bien entretenus, garantissent un renouvellement constant de l'air.
  • Utiliser des produits labellisés Ecocert : Choisir des produits d'entretien certifiés Ecocert, garantissant une composition moins polluante, joue un rôle essentiel dans l'amélioration de la qualité de l'air intérieur. Ces produits, soumis à des critères écologiques stricts, limitent l'émission de substances chimiques dangereuses.
  • Éviter le tabagisme à l'intérieur : Le tabagisme à l'intérieur libère des substances nocives dans l'air. Évitez de fumer à l'intérieur pour améliorer la QAI.
  • Gérer les déchets : Évitez l'accumulation de déchets et assurez-vous d'une élimination adéquate, car des déchets non gérés peuvent contribuer à la pollution de l'air intérieur.
  • Gestion de l'humidité : Maintenez un niveau d'humidité adéquat pour prévenir la croissance de moisissures, qui peut affecter la qualité de l'air

Cultiver une atmosphère intérieure saine est bien plus qu'un choix, c'est un impératif pour notre bien-être. En prenant des mesures préventives basées sur une compréhension approfondie des polluants, nous érigeons une forteresse de protection pour notre santé. La qualité de l'air intérieur est le pilier silencieux de notre quotidien, et investir dans sa préservation, c'est investir dans notre bien-être durable. Adoptez ces pratiques simples, mesurez, agissez, et respirez une vie plus saine dans votre sanctuaire domestique.

Article à lire : Respirer en toute sécurité dans les bâtiments urbains

Source(1) Union européenne - Rapport de la CEA n° 23 Ventilation, bonne qualité de l'air intérieur et utilisation rationnelle de l'énergie

Created lundi, 18 mai 2020